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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 09:10

Si la solidarité consiste en une assistance mutuelle dans des circonstances difficiles, reconnaissons que cette notion a évolué au cours des temps, et que son usage est malaisé car il s'agit plus d'un slogan que d'un concept, d'un idéal que d'une idée, d'une incantation que d'un outil et A. Comte Sponville parle même d'une vertu politiquement corecte.

Penser solidarité c'est envisager l'idée d'une cohésion interne ou d'une dépendance réciproque dépourvue de visée normative .

A la solidarité on peut associer des mots comme humanitaire, mutualisation, notamment des risques, ou même syndicalisme,défense des intérêts particuliers et communs.

Elle peut être considérée comme une vertu civique dans la mesure ou l'on essaye de développer  au sein de la société des convergences d'intérêts car ladite solidarité implique un agir en faveur de personnes dont on partage justement l'intérêt.

Toutefois cette solidarité peut être imposée notamment dans le domaine fiscal, mais peut on s'y dérober?

La générosité par contre est un acte en faveur d'autrui dont on ne partage pas les intérêts.

Elle libère en partie de l'égoïsme, elle est désintéressée et vertueuse pour autant qu'elle ne cache pas d'arrière pensée.( philantropie d'image).

Cette générosité connaît certes ses limites et a une utilité objective relativement faible.

La solidarité par contre est objectivement efficace, et elle nous invite à être égoïstes ensemble et intelligemment. De plus elle constitue une sorte de socialisation et de régulation pour tous.

La solidarité a donc une utilité politique et économique.

Si la morale prône la générosité, la politique prône la solidarité.

En fin de compte que vaut il mieux, vivre dans une société ou les individus sont égoîstes  quoique inégalement, ou dans une société sans régulation?

La générosité incitative considérée comme vertu morale ne risque t'elle pas de créer un monde de dépendance?

Il seraitsouhaitable que face aux enjeux planétaires qui sont nôtres, que la soldarité compationnelle laisse place  à une solidarité consciente au sein de groupes qui se sentent moralement obligés car unis par une même destinée., et J.P Sarte d'ajouter" Toute aventure  quoique singulière qu'elle paraisse engage l'humanité toute entière"

Solon.

 

 

 

 

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commentaires

Patrice 25/11/2013 23:47

L’alternative au solidarisme
Publié le 30 décembre 2010 dans Philosophie
Solidaire, si je le veux. Pour une éthique de la responsabilité individuelle. Les Belles Lettres, 1991, pp. 26-30.

Par Alain Laurent

« De nos jours, le terme de « solidarité » est devenu à la mode ; il a remplacé celui de « fraternité », fort en usage en 1848, mais actuellement un peu démodé. (…) Les politiciens qui l’emploient semblent avoir pour but d’évoquer des idées plus ou moins nuageuses et qui sont semblables à celles qu’évoque le terme de socialisme. »

Vilfredo Pareto, Les Systèmes socialistes, 1903, pp. 124 et 341.



A lire ce que constataient nombre d’esprits avisés de la fin du XIXe siècle (Léon Bourgeois, Célestin Bouglé, Pareto entre autres) jusqu’au premier tiers du XXe siècle (Charles Gide) au sujet du « solidarisme » devenu la philosophie officielle de la Ille République, il faut croire que l’Histoire décidément se répète. Car dans la Ve République, le solidarisme dans une version revue, corrigée et modernisée est à nouveau devenu une, sinon la doctrine d’Etat par excellence. Celle qui fondamentalement inspire, irrigue et guide une éthique sociale où s’enracine puis d’où se déploie toute la thématique bien connue de la politique socialiste des années 80 et du début des années 90 : la promotion des « droits sociaux » en droits de l’homme (et réciproquement) ; « la lutte contre la pauvreté, l’exclusion et les inégalités » ; la volonté d’imposer un partage redistributif au nom de la « justice et de la cohésion sociales ». (…)

Le solidarisme : l’autre visage d’une exception française

Risquons donc maintenant l’hypothèse majeure que toute la suite de ce livre va s’efforcer de valider : et si, en deçà de ses effets pervers qui aboutissent souvent plus à accroître les problèmes sociaux qu’à les résoudre, une perversion fondamentale était à l’œuvre au cœur même de la logique étatiste et socialisatrice du principe de solidarité nationale — rendant celle-ci non seulement contraire à ses propres objectifs mais aussi intrinsèquement incompatible avec la pleine affirmation des valeurs de liberté et de responsabilité inhérentes aux sociétés ouvertes d’Occident ? Et si, en plus et sous couvert d’un consensus facilement obtenu en jouant sur les connotations morales et sentimentales positives de l’idée de solidarité, se profilait un projet de reconstruction artificielle de la société et de relativisation violente du droit naturel des individus — contraints de se plier à une interprétation abusive (non… contractuelle) du contrat social qui « fait » une nation ?

Comme on le verra, le rééclairage critique de la généalogie du solidarisme — cet autre visage d’une « exception française » qu’il explique tant — sera d’une grande utilité pour accréditer le bien-fondé d’une telle hypothèse. Rien en l’occurrence n’est en effet aussi révélateur que l’histoire des idées pour établir le caractère trouble du terrain intellectuel dans lequel le néo-solidarisme plonge des racines qui vont plus loin dans le temps et plus en profondeur dans certains soubassements idéologiques qu’on ne le croit communément. Sur ce que recouvre vraiment la logique de la socialisation de la solidarité, les premiers solidaristes (de Leroux et Comte à Durkheim, Léon Bourgeois ou La Tour du Pin…) ont déjà presque tout dit, et fort explicitement. (…)

Bien sûr, entre eux et nous le temps a passé et le contexte a considérablement changé. Mais précisément, grâce parfois à d’étonnantes et significatives récurrences, tout se passe comme si le même paradigme sociologique et éthique continuait à opérer, avec les mêmes implications et finalités. Pour être complexe et évolutive, une filiation étroite existe au sein d’une commune tradition doctrinale de fait entre les pères fondateurs et les actuels hérauts de la « solidarité nationale » et des « nouvelles solidarités ». (…)

Ce n’est donc évidemment pas au niveau du sens spontané de la solidarité qui définit l’humanité des individus qu’il y a matière à débat et réexamen critique, encore que son hypertrophie et sa sentimentalisation contemporaines ne soient pas sans faire problème. Mais à celui de la social-étatisation qui s’en est emparée et de sa transformation en principe d’organisation sociale globale de plus revêtu d’une sémantique qui fait illusion. Comme tant d’autres idéologies, le (néo)solidarisme consiste peut-être avant tout à baptiser autrement la réalité, en croyant que celle-ci en sera changée et que cela permettra de convertir les citoyens à ses bienfaits (ce qui semble d’ailleurs être le cas). Il se pourrait en conséquence qu’il suffise d’oser désigner les choses par leur véritable nom, c’est-à-dire le mot qu’appelle objectivement le réel en cause, pour que l’on commence vite à comprendre ce qui est vraiment en jeu dans ce domaine.

L’alternative au solidarisme : l’individualisme libéral

Tout au long de la montée en puissance de l’idéologie de la solidarité sociale au cours du XIXe siècle et au début du XXe un grand débat public a eu lieu, qui a vu s’élever de vigoureuses critiques à l’encontre des solutions solidaristes aux problèmes de la paupérisation et de la protection qui ne s’appelait pas encore « sociale ». A cette résistance intellectuelle qui a souvent et remarquablement su prévoir les futures impasses et impostures de l’Etat-providence ont pris part les grands noms du libéralisme (Tocqueville, Bastiat, Thiers, Pareto) comme de moins connus (Gustave de Molinari, Henri Follin, Yves Guyot, Éugène d’Eichthal), renforcés d’éminents représentants de l’anarchisme anticollectiviste (Proudhon) et de l’individualisme libertaire (Georges Palante).
On fera donc largement écho à leur contre-argumentation qui, sur le plan de la philosophie sociale et politique, ne se contente pas de conserver une pleine pertinence qui est en train de s’imposer maintenant à la lumière des faits. Mais on sollicitera encore plus volontiers ces esprits lucides parce que leur opposition au solidarisme se nourrit de valeurs et principes (le droit naturel de propriété, la liberté et la responsabilité individuelle) porteurs d’une autre éthique et d’une autre logique sociales. Lesquelles, au-delà du refus de la social-étatisation des rapports humains d’entraide et de coopération, proposent des réponses positives et cohérentes aux problèmes posés par l’entrée accélérée dans le monde ouvert et complexe de l’économie de libre marché — dans la modernité.

L’alternative à la solidarité sociale qui se dessine ainsi à partir de l’individualisme libéral exige d’autant plus d’être explorée, repensée et illustrée qu’en France, cette tradition s’est éteinte sur le plan théorique (1) et politique en même temps que les solutions assistancielles, redistributives et obligatoires du solidarisme l’ont emporté sur les aspirations à l’autogestion assurancielle avant et juste après la Seconde Guerre mondiale. Depuis règne le plus indigent des mythes : hors de l’État-providence, il n’est point de salut, il n’y a place que pour la loi « sauvage » du marché où les plus forts exploitent et excluent les plus faibles. Une fable que l’on va démentir en fuyant l’étouffoir intellectuel du social-chauvinisme français et de son obsession de surprotection et en nous inspirant de la réflexion radicale qu’à l’étranger, des libéraux, libertariens et anarcho-capitalistes la plupart du temps américains, n’ont pas eu peur d’engager sur les vices fondamentaux du « Welfare State » et… les vertus roboratives du laissez-faire soumis aux règles du Droit.

Le lecteur sera donc invité à partir aussi en quête de solutions de liberté aux problèmes de la pauvreté, des inégalités et de la sécurité dite « sociale » en la bonne compagnie d’auteurs déjà connus et traduits en France comme Mises, Hayek, Gilder, Murray Rothbard et Nozick — et d’autres qui, bien que mondialement appréciés, y demeurent hélas et étrangement (mais est-ce si étrange ?) ignorés : Ayn Rand, David Friedman, James Buchanan, Charles Murray, etc. A condition de corriger certaines aspérités ou naïvetés de leur propos (qui ne sont pas toujours aisément transposables dans le contexte culturel français), il en ressort une éthique de la responsabilité individuelle dont il se pourrait que la logique contractuelle garantie par un État minimum permette de (ré)concilier liberté et entraide. Comment et jusqu’où désétatiser et désocialiser celle-ci pour la rendre à son authentique vocation d’élan et obligation personnels et l’ouvrir à tous les possibles de l’association volontaire ? Une subtile combinaison des impératifs du Droit naturel revisité, du marché et de solutions autogestionnaires (2) pourrait bien se révéler concrètement plus viable et équitable que la religion de l’État-providence n’a conditionné nos concitoyens à le croire.

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(1) A quelques notables exceptions : Bertrand de Jouvenel qui, en 1952, avait publié en langue anglaise The Ethics of redistribution (mais n’était jamais revenu sur ce sujet ensuite) ; de Raymond Polin et, bien sûr, des « nouveaux économistes ».

(2) Ne revient-il pas à l’individualisme libéral de faire valoir la fécondité de l’idée d’autogestion dès lors qu’elle est libérée de sa gangue collectiviste et alors que les socialistes l’ont répudiée au profit d’un étatisme forcené ?

Marie-F 25/08/2013 18:22

Au sens camusien la solidarité (solitaire mais solidaire) me semble dépasser les cadres étroits d'une mutuelle, d'un syndicat, ou d'un système fiscal. Que cette solidarité-là soit nécessaire comme régulation socio-économique, j'en conviens, même si, comme le soulignent Jacques et Soisye, elle est de plus en plus rabotée de toutes parts...
Avoir des intérêts communs, n'est-ce vrai que si l'on appartient au même réseau, au même cercle fermé? (francs-maçons, anciens de l'ENA, adeptes de la Rolex...)
L'humanité tout entière n'aurait-elle donc pas d'intérêt commun???
N'avons-nous pas une planète à gérer en commun? N'avons-nous pas tous intérêt à la préserver? Et l'appauvrissement excessif d'un groupe social ou d'une région du monde ne peut-elle avoir de conséquences négatives sur l'ensemble?

Soisye 18/05/2013 18:55

Zut , j'avais écrit un long commentaire , j'avais dû mal appuyer sur une touche ! Je vais faire plus court .
Générosité n'est pas égoïste et s'applique à tous suivant les évènements qui nous y pousse , car l'on s'implique d'avantage quand la chose nous touche personnellement .
Ce qui a amené certains philosophes puis politiques à ajouter la solidarité pour tous aux lois avec un effet égalitaire ceux qui gagnent plus donnent plus pour que ceux qui gagnent moins aient plus
. Ce qui est remis en question en partie actuellement .
Est-ce que pour autant les personnes sont plus ou moins égoïstes qu'avant ? Le fait social n'a pas désengagé le fait personnel .
La difficulté actuelle n'est-elle pas que la solidarité serait détournée vers le profit de certains à l'encontre de tous ?
Une société idéale serait-elle "à chacun selon ses besoins et non pas selon ses moyens" ?

solon 09/04/2013 19:11

Très bien, mais mutualiser un risque ne constitue t il pas une forme de solidarité?
Et le partenariat social, que faut il en panser?

Jacques 04/03/2013 21:16

Un autre nom de la générosité qui évite de l'opposer à la solidarité: la "solidarité de proximité". Juste un détail en passant... pour botter en touche l'art de la sophistique, laquelle a perdu sa
signification grecque.

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  • : ce blog rend compte de toutes les réflexions philosophiques recueillies à l'occasion des débats à thèmes à Pézenas (34)
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