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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 12:49

Le rapport de violence des forces se justifie t-il seulement quand le rapport non violent est indigne?

Selon le philosophe Hobbes l'état naturel des hommes avant qu'ils eussent formé des sociétés était une guerre perpétuelle non seulement cela, mais une guerre de tous contre tous.

Selon les anciens, avant la pensée socratique, les hommes reconnaissaient que la gratuïté de la vilolence n'avait que peu d'intérêt.

S'ils étaient violents c'était pour s'éprouver eux-mêmes, pour se dépasser comme leurs dieux guerriers, et au lieu de haïr leurs ennemis ils les aimaient en tant qu'objet de dépassement d'eux-mêmes mais perdant petit à petit l'innocence de la découverte d'eux-mêmes ils laissent place à cette violence animale , celle de l'animal malade de lui-même.

Etymologiquement mot guerre vient du francique werra au sens large tout espèce de combat ou de lutte.

Est-elle une fatalité? Quels en sont les enjeux, et ces derniers sont-ils justifiables?

En tout état de cause elle est de nature indéterminée tant elle recouvre plusieurs points de vue( historique, scientifique stratégique.) On parle de guerre externe, interne, de survie, de conquète,préventive et même de nerfs.

Pour Rousseau c'est l'effet d'une disposition mutuelle constante de détruire l'état ennemi ou de l'affaiblir au moins par tous les moyens qu'ont le peut.

Au temps de St Augustin on parlait de guerre juste.

Au 2Oe siècle on parle de guerre propre, mais que faut-il comprendre par propre?

La question principale est la paix et cette paix peut-elle être sans la présence de conflits et de guerres?

Si vis pacem para bellum ,soit, mais c'est faire peu de cas des innocentes victimes appelées dégâts collatéraux, car où les armes parlent les lois se taisent.

L'historien Thucydide disait avec justesse quand les hommes commencent par ce qu'ils auraient dû faire plus tard, passer à l'action, et c'est seulement lorsqu'ils ont souffert qu'ils en viennent aux négociations?

Peut-on être d'accord avec Mao qui disait, c'est une politique avec effusion de sang?

Laissons au philosophe Hegel ces paroles terribles: la guerre est le moteur de l'histoire et quand bien même la volonté de puissance est un principe universel, il n'en demeure pas moins que la guerre est une grande folie organisée.

Solon.

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Patrice Padilla 01/03/2016 21:05

Penser la guerre.L'apport constructiviste

Thomas Lindemann, L’Harmattan, 2008, 230 p., 21,50 €
Manuel Soulié
Mis à jour le 15/06/2011

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Mensuel N° 202 - mars 2009
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Si l’Amérique s’allongeait sur le divan d’un psychanalyste, comprendrions-nous mieux le conflit irakien ? Thomas Lindemann suggère que oui dans cet ouvrage où il nous explique les conflits interétatiques par l’approche constructiviste, c’est-à-dire sous l’angle des identités nationales et de la « reconnaissance ». Ainsi, les guerres seraient autant le produit des « perceptions faussées » et des « dénis de reconnaissance » que des intérêts matériels des nations.
L’auteur applique d’abord sa théorie aux causes de la Première Guerre mondiale. D’une part, il montre comment l’identité nationale « virile » de l’Allemagne a faussé la perception de ses dirigeants quant aux capacités et aux intentions des États européens. D’autre part, on voit que cette image que l’Allemagne wilhelmienne se faisait d’elle-même ne lui était pas renvoyée par les autres puissances européennes, entraînant le ressentiment et l’hostilité qui se sont déchaînés en 1914.
Pour les constructivistes, la guerre n’est pas un phénomène naturel : elle peut être évitée. Premièrement, par l’empathie : il faut comprendre l’identité de l’autre pour éviter les perceptions faussées. Deuxièmement, les conflits peuvent souvent être évités par une politique de « reconnaissance apaisante ». Alternative à la dissuasion, cette solution consiste en des concessions symboliques qui permettent de réconforter les revendications identitaires de l’autre. L’auteur cite à ce titre le comportement de John F. Kennedy dans la crise des missiles cubains comme l’exemple à suivre.
Par l’analyse constructiviste, l’auteur offre un nouvel éclairage sur nombre de thèmes. Ce que nous croyons être une « paix démocratique » serait en fait davantage une « paix de communauté identitaire », et les déboires américains en Irak seraient en partie le fait de « l’identité organisationnelle » de l’armée américaine. En somme, T. Lindemann fait ici la preuve que le constructivisme peut richement nourrir des recherches dans le domaine des relations internationales.

Patrice Padilla 01/03/2016 21:04

Penser la guerre pour comprendre le monde

Jean-Claude Ruano-Borbalan
Mis à jour le 15/06/2011

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N° Spécial N° 2 - Mai/Juin 2003
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Comprendre le monde
Depuis une dizaine d'années, les théories de la guerre se sont modifiées. Il s'agit de penser deux phénomènes inédits : la prolifération des conflits identitaires et la tendance à l'hégémonie de l'« empire américain ».
Dans les années 90, la chute de l'URSS, le développement d'une mondialisation économique et culturelle, la décomposition politique de nombreuses régions engendrant guerres civiles et violences communautaires (Afrique, Caucase, Yougoslavie) ont pris de court les analystes universitaires et mis à mal les postulats réalistes dominants (vision d'un monde d'Etats-nations antagonistes et de l'équilibre des puissances). Les guerres entre Etats sont de moins en moins nombreuses, et l'on a même discuté un temps de leur extinction. Dans le même temps, les conflits infraétatiques et les « nouvelles menaces » transnationales, terroristes ou criminelles, se sont développés (1).
Il s'agissait désormais d'interpréter de nouvelles questions, comme le soulignait à l'époque Ghassam Salamé, pour qui les scientifiques s'étaient « trop peu penchés sur les guerres réelles [c'est-à-dire leur déroulement concret, la souffrance des acteurs et leur motivation, etc.], les laissant dans un geste de mépris et d'ignorance, aux comparativistes et autres anthropologues » (2). Les interrogations contemporaines sur la guerre se sont centrées ces toutes dernières années sur plusieurs objets majeurs :
- l'étude de la place de l'Etat dans les conflits et des fondements de la théorie réaliste ;
- l'examen de la mise en place des institutions supraétatiques (régulations politiques régionales ou mondiales) ;
- l'étude des menaces de type transnational (terrorisme, mafias, idéologies ou religions) ;
- les tentatives d'interprétation des décompositions/recompositions des communautés politiques lors de guerres civiles, nationalistes ou ethniques ;
- la réflexion sur l'empire, sa place dans l'histoire, dans le monde contemporain ;
- une réflexion sur la stratégie et ses fondements ;
- une réflexion surabondante et tous azimuts sur les conséquences des attentats du 11 septembre.
Appuyées sur ces travaux universitaires, plusieurs grandes voies interprétatives se sont dégagées dans les vingt dernières années et sont en compétition pour comprendre la conflictualité du monde.
Un monde de plus en plus dangereux ? La première vision est commune à certains théoriciens réalistes des relations internationales et à des réflexions plus critiques ou anthropologiques. Ces chercheurs estiment à des degrés de dramatisation variables, que la fin de la guerre froide a rendu le système international difficilement régulable. Les pays occidentaux doivent désormais se considérer comme assiégés, soumis à des menaces multiples et de plus en plus fortes. Le nombre de publications sur ce thème est considérable. Avant le 11 septembre, nombre d'analystes voyaient venir une sorte de chaos généralisé. « Dans le chaos mondial installé depuis la guerre froide, les menaces réelles ont dramatiquement changé : hier stables, prédictibles, terrorisme, criminalité organisée, guérillas, etc., ont muté, connu des hybridations, et évoluent désormais à vitesse accélérée. Au même moment, les territoires périlleux (aires chaotiques, zones grises) se multiplient au sud du monde. (3) »
Aujourd'hui, la réaction de l'empire américain face aux attentats terroristes et sa prise de contrôle militaire directe du Moyen-Orient et d'Asie centrale a de fait modifié les perceptions des analystes. Les travaux se répartissent aujourd'hui entre des visions géopolitiques ou sociologiques classiques, prônant d'une part l'analyse des champs de force entre Etats ou l'analyse de la puissance impériale, et d'autre part des visions plus critiques comme celle de Martin van Creveld : « L'ère qui s'annonce n'est pas celle d'une compétition économique pacifique entre blocs commerciaux, mais celle de guerres ethniques et religieuses. (4) » Si, aujourd'hui, la plupart des auteurs prennent en compte l'émergence des conflits dits « de basse intensité » (conflits identitaires, guerres civiles, etc.), ils sont tout aussi nombreux à continuer de penser que la menace provient essentiellement de la guerre entre Etats.
En terme de théorie des relations internationales, on peut estimer que le système actuel est unipolaire, avec les Etats-Unis comme puissance hégémonique. Or, dans une telle situation, la théorie standard postule que toute puissance qui a la chance d'accéder à l'unipolarité tentera de faire durer son « moment unipolaire », alors que les autres puissances chercheront à se coaliser pour en accélérer la fin. Cette tendance du système international aboutit évidemment à un maintien des formes militaires classiques, fondées sur la capacité de riposte contre des agressions venues d'adversaires étatiques.
Pour certains analystes, la situation actuelle est impériale. L'empire américain hégémonique subira inéluctablement l'assaut de compétiteurs étatiques majeurs dans ce siècle ou les prochains. La question ne serait pas de savoir si l'empire va périr, mais de mesurer la vitesse de sa chute. Une telle conception, quoique séduisante au plan de la discussion, n'est guère affirmée par des sciences sociales qui se défient de toute prédiction.
La paix par l'empire.
La question de la guerre interétatique, et donc des voies de la paix, est aujourd'hui double :
- La paix ne peut-elle être établie que comme « paix par l'empire », qui intègre la guerre de maintien de l'ordre par l'empire américain, comme aujourd'hui en Irak ?
- La paix ne peut-elle advenir qu'au prix de l'établissement d'une démocratie-Monde, forgée par la mise en place d'institutions et de citoyenneté mondiales ?
Les penseurs libéraux ou transnationalistes, qui appellent de leurs voeux la seconde option, tentent par exemple aujourd'hui de savoir si la marche vers des institutions de régulation mondiale est un phénomène irréversible, capable à terme de circonscrire et même d'éradiquer la violence politique, qu'elle s'exprime sous forme de guerres civiles ou de guerres entre Etats. Ils soulignent que l'idée d'un recul, voire d'une obsolescence des guerres entre Etats possède de solides arguments, qui ne relèvent pas uniquement de l'utopie, comme une critique réaliste vulgaire pourrait le soutenir. En effet, penser que le devenir du monde est de s'organiser politiquement, c'est s'inscrire dans une vision évolutionniste et de long terme. Cette vision voit dans l'histoire de l'humanité l'avènement, certes lent, mais inexorable d'une société globale.
Depuis l'explosion de la civilisation au néolithique, nul ne peut douter que l'état d'organisation et d'interdépendance des sociétés se soit accru de manière spectaculaire jusqu'à aujourd'hui. Durant les dernières décennies, une réalité mondiale, économique et culturelle s'est mise en place à une échelle sans précédent, même si l'on peut parfaitement montrer qu'elle n'est pas nouvelle. Mais, malgré les arguments sur la mondialisation, la question de savoir si cette mondialité est de nature à intégrer les Etats et particulièrement leur fonction militaire fait débat. Kenneth Waltz, l'un des grands théoriciens du courant réaliste avait par exemple dès 1960 combattu l'hypothèse d'un gouvernement mondial pacifique, en arguant du fait qu'il pourrait fort bien être dictatorial et bien peu pacifique. Le moment présent est particulier et souligne l'une des tendances du monde, la recréation d'un empire central hégémonique, un « empire du milieu » selon le mot de P. Mélandri et J. Waisse (5).
La question n'est pas décidée de savoir si la paix par l'empire qui se dessine sera de même nature que celle que connurent la Chine ou Rome, et si au final l'empire croulera sous le poids de sa propre incapacité à réguler le monde, à le « civiliser » selon ses normes. Ce qui est sûr, c'est que l'institutionnalisation de la vie internationale, que l'on se place uniquement au plan politique ou qu'on y ajoute l'économique, constitue l'un des traits saillants du dernier siècle. La pensée de la guerre, c'est-à-dire le combat pour la paix, montre que sans la bataille institutionnelle pour une société mondiale, on s'en remet à l'action unilatérale des « justes » : qu'il s'agisse des Etats justes (les démocraties) ou des hommes justes (les non-violents). Cette voie, que prône par exemple le philosophe Michael Waltzer (6), est hautement discutable. Elle laisse à l'empire hégémonique la possibilité de se constituer, pour le meilleur peut-être, pour le pire probablement.
La raison morale
« Comment les communautés politiques fondées sur la démocratie et possédant des valeurs morales humanistes doivent-elles conduire la guerre ? » Telle est la question que se pose Michael Waltzer. Depuis la Renaissance, s'est élaboré ce que M. Waltzer nomme « le paradigme légaliste » qui inscrit la violence entre communautés politiques dans un ensemble de règles et d'interdits : « La convention de la guerre ». Cette doctrine prône en premier lieu à ne pas déclencher la guerre pour de « mauvaises raisons ». Ces raisons se sont réduites progressivement. On ne tolère moralement aujourd'hui que les cas d'agression (d'où le débat sur la légalité juridique de la présente guerre du Golfe et du fameux concept de « guerre préventive » par exemple). La doctrine prévoit également l'attitude moralement et politiquement acceptable en cas d'agression. Cette attitude est définie par le droit international.
Mais les lois sont incomplètes et floues. C'est pourquoi la question morale se pose souvent, à propos de toutes les situations et décisions en temps de guerre.
Pour éviter l'enfer de la guerre, ce qui est le but de la réflexion de M. Waltzer, il faut que les règles communément admises puissent être respectée. La première de ces règles doit être que les combattants se respectent mutuellement et estiment que « le soldat ennemi, même engagé dans une guerre criminelle n'en est pas moins innocent qu'eux-mêmes ». Ainsi, hors des phases de combat, rien ne doit autoriser à des exactions ou des brutalités contre les adversaires.
Jean-Claude Ruano-Borbalan
Mots-clés :
guerre conflits identitaires impérialisme
NOTES
1. B. Bouvet et P. Denaud, Les Guerres qui menacent le monde. L'analyse des grands experts français , éd. du Félin, 2001.
2. G. Salamé, « Les guerres de l'après-guerre froide », in M.-C. Smouts (dir.), Les Nouvelles Relations internationales. Pratiques et théories , Presses de Sciences po, 1998.
3. X. Raufer (dir.), Dictionnaire technique et critique des nouvelles menaces , Puf, 1998.
4. M. van Creveld, L a Transformation de la guerre , éd. du Rocher, 1998.
5. P. Mélandri et J. Waisse, L'Empire du milieu. Les États-Unis et le monde depuis la guerre froide , Odile Jacob, 2000.
6. M. Waltzer, Guerres justes et injustes , Belin, 1999.

Patrice Padilla 01/03/2016 21:03

Ce que la guerre fait aux sociétés

Jean-Vincent Holeindre
Mis à jour le 17/10/2012

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Grands Dossiers Hors-série N° 1 - novembre-décembre 2012
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La guerre des origines à nos jours
La guerre fait partie de ces phénomènes qui accompagnent l’humanité depuis ses origines. Elle a fait et défait les empires ; enrichi et ruiné les royaumes ; inspiré la structuration et la destruction des normes juridique, morales, religieuses ; et contribué au développement des arts et des techniques, quelquefois pour le meilleur mais trop souvent pour le pire.
Il est sans doute impossible de prouver que la nature humaine est intrinsèquement belliqueuse, mais il est difficile de nier que la guerre constitue un fait majeur dans l’histoire des sociétés. Aucun domaine de l’action humaine ne lui semble étranger. Elle peut ainsi être considérée comme un « fait social total ». L’expression a été forgée par Marcel Mauss pour définir certains phénomènes sociaux, comme le don ou le suicide, « où s’expriment à la fois et d’un coup toutes les institutions ». Pour le sociologue français, il est en effet possible, à partir d’une étude sur le don, de fonder une théorie générale des sociétés. Avant lui, Émile Durkheim avait adopté une démarche équivalente dans son analyse du suicide.

Un fait social total

Aucun sociologue contemporain ne s’est risqué jusqu’à présent à une étude des sociétés humaines en prenant la guerre comme point focal. Pourtant, si la guerre peut être précisément définie comme une forme organisée de la violence armée opposant deux communautés, elle touche plus largement à tous les domaines de l’action humaine, de la politique au droit, en passant par l’économie, la culture et l’art. C’est en ce sens qu’elle répond à la définition donnée par M. Mauss du « fait social total ». Souvent perçue comme un phénomène purement militaire aux codes difficiles à déchiffrer, la guerre est aussi, plus largement, un fait social et anthropologique qui engage l’idée même que l’on se fait du lien social et plus largement de l’aventure humaine.

Cela explique que les conflits armés soient toujours interprétés de manière ambivalente par les témoins, les observateurs, les chercheurs : d’un côté, c’est une défaite de l’organisation humaine, une forme de régression et d’abaissement de l’humanité ; de l’autre, une épreuve de vérité dans laquelle l’humanité se révèle à soi-même, sans apprêt, dans toute sa nudité. La guerre peut être le théâtre des pires crimes comme des manifestations les plus éclatantes de l’intelligence et de la grandeur humaines. En témoigne l’épreuve de la Shoah, pendant la Seconde Guerre mondiale : certains hommes y ont dévoilé les penchants les plus noirs de l’humanité en se faisant les bourreaux des juifs, tandis que d’autres se sont employés à sauver ces derniers, au risque de leur propre vie.


Les dimensions de la guerre

La guerre doit être donc envisagée au regard de ses multiples dimensions.

➥Dimension militaire d’abord. La guerre est un monde à part, qui engage des soldats, tantôt professionnels, tantôt « citoyens en uniforme », pour reprendre une expression chère à Raymond Aron. C’est aussi un temps à part, qui se distingue du temps diplomatique par des actes, de la déclaration à l’armistice, qui scandent son déroulement.

➥Dimension politique également. La guerre n’est pas à elle-même sa propre fin. C’est un moyen militaire mobilisé à des fins qui relèvent de l’action politique : prises ou protection d’un territoire, imposition d’une idéologie… En ce sens, elle est, selon la formule de Karl von Clausewitz, la « continuation de la politique par d’autres moyens ».

➥Dimension économique ensuite ; sur le plan économique, la guerre peut représenter l’une des conséquences de la crise ; mais il existe aussi une économie de guerre qui peut doper, plus ou moins artificiellement, la croissance. De même, la puissance économique d’un État est souvent liée à sa puissance militaire, comme ce fut le cas pour la Rome antique, l’Angleterre et les États-Unis.

➥La dimension culturelle ne doit pas être négligée. La guerre a fait l’objet de multiples représentations picturales, plastiques ou cinématographiques, du Guernica de Picasso à Apocalypse Now de Francis Ford Coppola en passant par les bustes de stratèges romains. Mais la guerre a aussi influé sur les pratiques sociales et culturelles, à tel point que certains historiens, à l’image de Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker dans 14-18. Retrouver la guerre (Gallimard, 2003), ont forgé l’expression de « culture de guerre » pour penser l’interaction entre la guerre et la société française au moment de la « Grande Guerre ». de 14-18. 

➥Dimension juridique enfin. La guerre a fortement contribué à l’invention d’un droit spécifique, le droit international, qu’on oppose traditionnellement au droit s’appliquant à l’ordre interne des États. Le phénomène guerrier suscite aujourd’hui beaucoup de réflexions juridiques sur la frontière entre le militaire et l’humanitaire, la violence et l’assistance.

La guerre est par conséquent un excellent prisme à travers lequel on peut saisir l’évolution des sociétés, comprendre les permanences et les ruptures, les brisures et les aspirations. Telle est la position que nous avons adoptée dans ce numéro spécial. Les contributions qui le composent forment un ensemble qui entend aller au-delà de la stricte histoire militaire pour construire une histoire de la guerre qui englobe le monde humain dans son ensemble et dans toute sa diversité. Une histoire globale en somme, qui propose un regard panoramique à défaut d’être exhaustif.


Un regard panoramique

Quatre parties scandent ce numéro, marquant des étapes cruciales dans l’orchestration de la violence armée.

➥ « Aux sources de la guerre », de la Préhistoire à l’an mil, s’interroge sur les premières manifestations de la conflictualité dans l’humanité. Il est montré que la guerre structure très profondément la vie des sociétés traditionnelles, mais aussi qu’elle constitue le principal facteur de changement politique et social. 

➥ La deuxième partie, les « États combattants », examine le lien entre la guerre et la construction des États. L’armée, ainsi, est apparue comme une organisation qui contribue à la structuration des institutions étatiques modernes ; en retour l’État moderne s’est appuyé sur l’armée pour imposer sa souveraineté, après l’époque féodale marquée par le problème théologico-politique. Plus l’État dominait le champ militaire, moins l’Église avait de prise sur les âmes.

➥ La troisième partie, « Vers l’apocalypse ? », se focalise sur la période allant de la guerre de Sécession à la guerre froide, marquée par deux déflagrations d’ampleur mondiale. Dans les guerres totales, c’est la société tout entière qui est saisie et pour ainsi dire capturée par l’ordre militaire.

➥ Enfin, dans « Le temps des conflits asymétriques », nous nous interrogeons sur les transformations contemporaines de la guerre. Les conflits interétatiques tendent à s’effacer au profit de nouvelles formes d’affrontement qui mettent en scène d’autres acteurs : du terroriste à l’insurgé, du franc-tireur au partisan. Ces transformations révèlent des mutations sociétales de grande ampleur : l’État se voit attaqué dans sa souveraineté et sa légitimité, ce qui touche par domino l’institution militaire ; en retour, les acteurs transnationaux (groupes combattants, ONG, multinationales) entendent s’imposer dans une scène mondiale reconfigurée.

Est-ce le signe d’une fin de la guerre ou d’une mutation de celle-ci ? Peut-on espérer une paix durable grâce à une gouvernance mondialisée qui tempère la puissance belliqueuse des États ? Nul ne le sait aujourd’hui. Ce qui est certain en revanche, c’est que la guerre, hier comme aujourd’hui, est le révélateur tristement spectaculaire du travail souterrain des sociétés, qui se joue sur la longue durée.
Vingt-cinq siècles de réflexion stratégique
Histoire et stratégie, dans la pensée occidentale, sont étroitement liées. La plupart des penseurs de la guerre sont des historiens, comme Thucydide, auteur de l’Histoire de la guerre du Péloponnèse au Ve siècle avant notre ère. Cela est aisément compréhensible : tirer les leçons du passé, en particulier des échecs, est encore le meilleur moyen de remporter les guerres du présent.


➥ La leçon des Anciens

Au IVe siècle avant notre ère, Xénophon et Énée le Tacticien écrivent les premiers ouvrages militaires spécialisés, les « recueils de stratagèmes ». Il s’agit de recueillir les hauts faits des « grands capitaines » du passé, et de perpétuer le souvenir de ces exploits en les consignant par écrit. Ainsi, les recueils de stratagèmes sont transmis et enrichis de générations en générations, à l’image des recettes culinaires. Le traité militaire de Végèce, figure importante de la vie romaine à la fin de l’Empire, constitue la meilleure synthèse de ce savoir accumulé. Son traité sera l’un des plus lus au Moyen Âge, puis à la Renaissance, période de redécouverte de l’Antiquité.


➥ La révolution moderne

Parmi les penseurs de la Renaissance à opérer la jonction entre savoir antique et savoir moderne, Machiavel est probablement le plus emblématique. Son œuvre est un hommage à la grandeur antique (surtout romaine) mais aussi un appel à la révolution moderne, qui emportera tout sur son passage.

Cette révolution n’est pas seulement politique – émergence de l’État et des grandes armées nationales –, elle est aussi scientifique : elle consiste en une (re)naissance de la stratégie comme science de la guerre. Au XVIIIe siècle, de nombreux penseurs inspirés de la philosophie des Lumières, comme Joly de Mayzeroy en France ou Heinrich von Bülow en Allemagne, étendent l’ambition encyclopédique au domaine de la guerre. Ils affirment que le savoir militaire peut s’appuyer sur des lois générales et donc devenir authentiquement scientifique. Ces penseurs, aujourd’hui oubliés, impulsent une dynamique décisive qui inspirera Karl von Clausewitz. Ce dernier a poussé le plus loin l’idée d’une théorie de la guerre, tout en relevant les impasses du scientisme en matière militaire. Pour lui, la guerre reste un art qui ne doit rien à l’érudition ni au savoir scientifique.


➥ Stratèges et stratégistes

La guerre peut aussi être un objet de science pour les chercheurs dont l’objectif n’est pas d’atteindre la victoire, mais d’approcher la vérité. C’est ainsi qu’au XXe siècle, Lucien Poirier, spécialiste des stratégies nucléaires, opère une distinction fondamentale entre « stratège » et « stratégiste ». Le stratège pense la guerre pour la gagner, le stratégiste pour la comprendre. Le premier a un objectif pratique, le second nourrit une ambition scientifique. La frontière entre les deux est poreuse : le stratégiste doit forcément tenir compte des contraintes de l’action pour élaborer ses théories, et le stratège gagne à lire les travaux du stratégiste pour éclairer ses choix.

Au sein des institutions militaires, la réflexion stratégique prend ainsi la forme de « livres blancs », qui eux-mêmes déterminent les « doctrines d’emploi de forces ». La pensée est ici entièrement tournée vers la mise en œuvre d’une « stratégie de défense et de sécurité nationale ». Parallèlement, dans le monde académique, se développent les wars studies qui, à la manière des gender ou des cultural studies, privilégient une approche par objet plutôt que par discipline. L’idée est de combiner les savoirs sur la guerre afin d’aboutir à une meilleure intelligibilité du phénomène. En Angleterre, le King’s College de l’université de Londres a créé un département de war studies, longtemps dirigé par le politiste Lawrence Freedman, qui réunit philosophes, sociologues, historiens et anthropologues.
Jean-Vincent Holeindre
Le renouveau des études sur la guerre
L’Angleterre et surtout les États-Unis constituent les phares de la pensée stratégique dans le monde contemporain. Michael Howard, professeur à Cambridge, développe dès les années 1960 une approche historique de la pensée stratégique, qui inspire le chercheur Israélien Azar Gat et l'historienne Beatrice Heuser.


➥ L’histoire culturelle 
de la guerre

Sous l’impulsion de John Keegan, l’histoire culturelle de la guerre a également renouvelé l’historiographie traditionnelle : elle se focalise sur le quotidien des soldats et la réalité des batailles plutôt que sur les grandes manœuvres politico-stratégiques. Le maître livre de J. Keegan, Anatomie de la bataille, propose une interprétation novatrice de trois grandes batailles : Azincourt (1415), Waterloo (1815) et la Somme (1916). Sa méthode inspire nombre d’auteurs, de Victor Davis Hanson à Stéphane Audoin-Rouzeau.

En France, l’histoire de la guerre et la réflexion stratégique ont été longtemps délaissées. D’une part, elles ont été critiquées par l’école des Annales et Fernand Braudel, qui entendaient substituer l’histoire sociale et la « longue durée » à une « histoire-bataille » considérée comme trop événementielle. D’autre part, les traumatismes liés aux deux guerres mondiales et à la décolonisation ont fortement politisé le thème de la guerre, ce qui a freiné l’émergence d’une génération de chercheurs.


➥ La polémologie

Pourtant, plusieurs auteurs français se sont intéressés au « phénomène guerre » avant même l’essor des war studies en Angleterre et aux États-Unis. Après 1945, Gaston Bouthoul fonde la « polémologie », qui s’appuie sur les acquis de la sociologie et de la démographie pour développer une véritable « science de la guerre ». Mais l’objectif de G. Bouthoul est autant moral que scientifique : pour lui, connaître scientifiquement la guerre est une façon de guérir l’humanité qui en est malade. Il rejoint sur ce point les peace studies, fortement implantées dans l’Europe du Nord et incarnées par Johan Galtung, fondateur de l’irénologie.


➥ Une géopolitique résolument critique

À rebours de ce pacifisme né dans le sillage des guerres du XXe siècle, le géographe Yves Lacoste écrit en 1976 un essai qui a fait date, La géographie, ça sert d’abord à faire la guerre, puis crée la revue Hérodote, contribuant au renouveau d’une géopolitique résolument critique. Cette science, qui combine géographie et stratégie, avait été discréditée un temps pour avoir pactisé avec le militarisme et les idéologies totalitaires.


➥ La pensée stratégique à un tournant

Enfin, la flamme de la pensée stratégique a été entretenue en France par des auteurs comme Raymond Aron, soucieux de penser à la guerre « à l’ère thermonucléaire », puis par Hervé Coutau-Bégarie et Thérèse Delpech, prématurément disparus. Aujourd’hui, à l’âge des guerres asymétriques et du terrorisme international, la pensée stratégique est à un tournant : elle doit apprendre à penser des guerres qui ne ressemblent pas aux conflits interétatiques du XXe siècle et s’inscrivent dans le contexte de la globalisation. Pierre Hassner et Gérard Chaliand en France, Steven Metz et Statis Kalyvas aux États-Unis, contribuent fortement à cette réflexion.

L’histoire montre que c’est dans les périodes de crise et de troubles politiques que la pensée stratégique se développe le plus. Au regard du renouveau actuel de la stratégie, le XXIe siècle ne fait pas exception à la règle.
Jean-Vincent Holeindre
Pour aller plus loin...
• La Guerre en Occident

Michael Howard, Hachette, 1996.

• The Face of Battle

John Keegan, 1976, rééd. Penguin, 2012.

• History of Military Thought

Azar Gat, Oxford University Press, 1996.

• The Evolution of Strategy

Beatrice Heuser, Cambridge University Press, 2010.

• The Logic of Violence in Civil Wars

Stathis Kalyvas, Cambridge University Press, 2006.

Patrice Padilla 01/03/2016 21:03

L'art de la guerre

Jean-Vincent Holeindre
Mis à jour le 15/06/2011

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À la guerre, il ne suffit pas d’être le plus fort pour remporter la victoire. Encore faut-il savoir user intelligemment de sa force. Telle est la grande leçon des stratèges à travers l’histoire, de Sun Tzu à Clausewitz en passant par Machiavel.
La guerre est la plus extrême des violences politiques, et semble échapper à toute tentative de rationalisation. Elle apparaît souvent comme une défaite de la raison, ou du moins comme une victoire des passions violentes (haine, ressentiment, volonté de domination…) sur la partie raisonnable de notre âme. Cependant, la guerre n’est pas qu’instinct de mort et désolation. C’est aussi l’un des domaines d’action où s’exprime l’ingéniosité humaine. Napoléon avait beau être un général sans scrupule et assoiffé de gloire, il n’en était pas moins un stratège hors pair. Si toute guerre est une épreuve, c’est d’abord une épreuve de vérité où se révèlent les pires penchants de l’humanité, mais aussi les plus grands éclairs de génie. Dans l’action militaire, violence et intelligence sont indissociables. L’art de la guerre, c’est précisément de savoir dompter la violence avec les moyens de l’intelligence pour en faire une force maîtrisée et capable de déplacer des montagnes. Tel est le grand problème auquel se sont confrontés tous les stratèges à travers l’histoire, l’expression « art de la guerre » désignant communément le savoir-faire propre au métier des armes et au commandement des troupes.

Achille, emblème de force, s’oppose à Ulysse, le rusé
Au viiie siècle av. J.‑C., Homère exprime de manière frappante la dualité qui fonde l’art de la guerre. Dans l’Iliade et l’Odyssée, le poète grec met en scène la violence et l’intelligence de l’affrontement guerrier à travers deux personnages phare : Achille et Ulysse, héros grecs de la guerre de Troie. Achille est un guerrier fort et courageux, mais il ne peut réprimer ses accès de colère et son appétit de combat. Félin et malin, Ulysse n’a pas les qualités physiques et morales d’Achille, mais il compense par un surcroît d’ingéniosité et une grande maîtrise de ses sentiments. Alors qu’Achille brave de façon inconsidérée le danger et va au-devant de la mort pour acquérir une gloire posthume, Ulysse mobilise toute son habileté et son intelligence pour vivre et pour vaincre. Achille, héros de la force, est un guerrier : son honneur est au-dessus de tout. Ulysse, héros de la ruse, est un stratège. Pour lui, seule la victoire compte.
Ainsi l’art de la guerre repose-t-il dès l’origine sur cette tension entre force et ruse : la force constitue la qualité première du guerrier, qui abhorre la ruse car elle peut être perçue comme un manque de courage ; mais la force brute ne suffit pas pour vaincre, et la ruse devient alors nécessaire. Cet enseignement traverse l’ensemble des cultures stratégiques. Pour le Chinois Sun Tzu (VIe-Ve siècle av. J.‑C.), il est plus glorieux de remporter la guerre par la ruse que par l’épreuve de force. Il en va de même dans les traités indiens ou arabes, qui font de la ruse la démonstration la plus éclatante de l’intelligence à la guerre (1).
Quelles que soient les cultures, les premiers manuels militaires s’apparentent ainsi à des recueils de ruses de guerre (ou stratagèmes), qui recensent les hauts faits des généraux les plus illustres, comme le Grec Périclès, le Romain César et le Carthaginois Hannibal dans l’Antiquité gréco-romaine. C’est dans la Grèce des Ve et ive siècles av. J.‑C., marquée par le conflit entre Athènes et Sparte, que naît la pensée stratégique européenne. Pour les anciens Grecs, la stratégie* est un art du commandement, qui suppose que le général sache galvaniser ses troupes et les mettre en mouvement par la manœuvre. Après Thucydide qui, dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse, fournit les bases d’une théorie de la guerre, Xénophon et Énée le Tacticien sont les premiers auteurs européens à considérer l’art de la guerre comme un savoir-faire spécifique, pouvant faire l’objet d’un apprentissage. Dans la Cyropédie, Xénophon relate l’éducation militaire et politique de Cyrus, futur empereur perse. Quant à Énée le Tacticien, il écrit le premier traité sur l’art de la guerre de siège (la poliorcétique), où il explique par exemple comment pénétrer dans une ville fortifiée sans se faire remarquer. En faisant l’inventaire des bons procédés, leur but n’est pas de dégager des principes qui vaudraient pour toutes les guerres, mais d’aider les stratèges à faire face aux conflits du présent et à ne pas reproduire les erreurs du passé. Aujourd’hui encore, l’art de la guerre reste profondément marqué par la réflexion historique : l’un des meilleurs moyens de comprendre les guerres actuelles, c’est en effet de mesurer ce qui les distingue, et parfois les rapproche, des conflits d’autrefois. À cet égard, l’expérience grecque est fondatrice et irrigue la pensée stratégique européenne.

De l’art de la guerre à la stratégie
De manière générale, les grandes évolutions dans l’art de la guerre se sont presque toujours fondées sur une réinterprétation du savoir des Anciens. L’un des grands atouts des Romains, c’est d’avoir su s’inspirer des manuels militaires grecs pour perfectionner leur manière de combattre : peu enclins à la ruse, mais pragmatiques, ils se rendent compte qu’ils ne peuvent pas tout miser sur la force et qu’ils doivent recourir aux stratagèmes pour l’emporter contre des adversaires pleins de ressources comme Hannibal. Ce n’est pas un penseur grec, mais le consul romain Frontin (40-103) qui compose l’un des recueils de stratagèmes les plus aboutis de l’Antiquité gréco-romaine (2). Plus tard, les stratèges du Moyen Âge, comme Bertrand Du Guesclin (1320-1380) pendant la guerre de Cent ans, sauront également tirer profit de l’expérience des Anciens pour devenir de véritables spécialistes de la poliorcétique. Les catapultes et les béliers ne sont pas une invention médiévale, ils constituent une adaptation ingénieuse du savoir-faire des Anciens.
À l’orée de la Renaissance, Machiavel, dans son Art de la guerre publié en 1521, puise aussi dans la tradition des stratagèmes antiques pour souligner la fécondité de la ruse dans la guerre comme en politique. Cependant, à la différence des auteurs médiévaux, le Florentin s’appuie sur les Anciens pour subvertir leur enseignement et renouveler profondément l’art de la guerre. Là où Homère considérait Achille et Ulysse comme deux figures complémentaires mais distinctes, Machiavel estime au contraire que le prince doit réunir en une seule et même personne la brutalité d’Achille et la finesse d’Ulysse s’il veut remporter les guerres et, ce faisant, conquérir le pouvoir. Chez lui, l’intelligence ne vient pas tempérer la violence ; elle vient la sublimer, ce qui, aux yeux de la morale antique et chrétienne, est inadmissible.

La révolution clausewitzienne
De ce point de vue, Machiavel marque une rupture et peut être considéré comme le premier penseur moderne de la guerre. Toutefois, en se situant dans la conception classique de l’art du commandement, il reste à certains égards le dernier des Anciens. Le passage d’un art de la guerre, fondé sur l’habileté du stratège, à la stratégie, visant à formuler des lois scientifiques qui valent pour toutes les situations de guerre, est plus tardif : il s’inscrit dans le mouvement des Lumières, au XVIIIe siècle, en France et en Allemagne. Certes, les ingénieurs militaires comme Léonard de Vinci, chargés de concevoir des fortifications et des machines de guerre, existent depuis le début du XVIe siècle. Mais des penseurs comme Joly de Maizeroy (1717-1780) ou Von Bülow (1757-1807) vont plus loin : grâce au calcul mathématique et à la géométrie, ils veulent cartographier le champ de bataille et planifier la manœuvre dans le but de réduire l’incertitude propre à toute guerre. En ce sens, ils entendent fonder une véritable science de la guerre qui prend le nom de stratégie.
Cependant, il y a quelque chose d’illusoire à vouloir dissiper le « brouillard de la guerre » au moyen d’un compas et d’une règle. Jamais l’intelligence ne pourra totalement apprivoiser la violence. Le fracas de la guerre vient souvent ruiner les certitudes forgées dans le calme des cabinets. Il existe une part incompressible de hasard dans tout combat, qui tient à la complexité de la psychologie humaine. De même, il n’est pas très réaliste de vouloir remporter la victoire uniquement par la manœuvre, sans prendre le risque de la bataille. Telles sont les thèses avancées par le stratège prussien Carl von Clausewitz (1780-1831) dans De la guerre, en réaction au scientisme des penseurs des Lumières.
Avec Guibert (1743-1790), Clausewitz est le plus grand théoricien d’une nouvelle forme de guerre qui s’affirme avec la Révolution française et l’Empire napoléonien. Goethe dit à propos de la bataille de Valmy de 1792, opposant les révolutionnaires français aux monarchies européennes, qu’elle ouvre « une ère nouvelle dans l’histoire du monde ». En effet, l’enjeu de cette guerre n’est plus seulement la conquête de territoires, mais l’opposition idéologique de deux modèles politiques : l’Ancien Régime et la Révolution. La guerre n’est plus seulement le fait de l’État, elle implique désormais les citoyens qui expriment par le service militaire leur attachement à l’intégrité de la nation. Dans les guerres de masse qui opposent des armées de plusieurs dizaines de milliers de soldats, c’est la force physique et morale des troupes qui fait la différence, non pas le plan de guerre en tant que tel.
Pour autant, l’intelligence stratégique n’est pas impuissante à gouverner la guerre. Bien au contraire, il incombe au chef militaire d’organiser la concentration des forces sur le « centre de gravité » de l’ennemi afin de le toucher au plein cœur lors de la bataille décisive. Pour éviter l’« ascension aux extrêmes », dit également Clausewitz, les buts de guerre doivent être subordonnés à une finalité politique précise : si les belligérants ne savent pas pourquoi ils se battent, alors la volonté de s’anéantir mutuellement prend le pas sur la rationalité. Pour Clausewitz, la guerre est donc un « duel à grande échelle », mais aussi un moyen que se donne la politique pour mettre fin aux conflits qui n’ont pu être réglés par la diplomatie. Elle est la « continuation de la politique par d’autres moyens ».

Un nouvel art de la guerre ?
Comme l’a bien montré Raymond Aron dans la suite de Clausewitz, l’idéologisation de la guerre augmente le risque de l’escalade, et elle oblige plus que jamais à faire un « pari sur la raison » (3). Au XXe siècle, ce pari a été à la fois gagné et perdu. Gagné, car les forces démocratiques l’ont finalement emporté sur la barbarie nazie à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Perdu, car on n’a jamais autant mobilisé l’intelligence humaine au service de la violence de masse qu’entre 1915 et 1945.
Face à un tel déchaînement de violence, que reste-t-il de l’art de la guerre légué par les Anciens ? Presque rien, estime à regret le penseur anglais Basil H. Liddell Hart, auteur de Stratégie, l’un des ouvrages majeurs sur l’art de la guerre paru au XXe siècle. B.H. Liddell Hart considère que les stratégies de destruction employées pendant les deux guerres mondiales (comme le bombardement des villes) ont abouti à une impasse et n’ont fait qu’attiser la haine entre les belligérants. Pour lui, il est possible de remporter la guerre sans sacrifier inutilement des millions de vies humaines, en utilisant des procédés moins sanglants comme le blocus ou la démonstration de force visant à dissuader l’ennemi d’engager la bataille. Cela suppose de renoncer à la théorie clausewitzienne de la bataille décisive pour renouer avec Xénophon et Sun Tzu, qui recommandent au stratège d’économiser ses forces et d’éviter autant que possible l’engagement des troupes. Pour B.H. Liddell Hart, la guerre se gagne moins sur le champ de bataille que sur le champ psychologique. Le but ultime de la stratégie n’est pas tant de gagner la guerre que d’empêcher son retour en instituant une paix durable.
Depuis 1945, ces idées exercent une certaine influence sur les doctrines stratégiques dans un contexte où la guerre se transforme profondément. Pendant la guerre froide, le risque de l’apocalypse nucléaire oblige les puissances qui disposent de la bombe atomique à faire preuve d’habileté et de prudence afin d’éviter l’anéantissement mutuel. Parallèlement, on observe une raréfaction des guerres interétatiques arbitrées par la force au profit de guerres « irrégulières », dont le ressort est essentiellement psychologique. De l’Indochine à l’Irak, de l’Algérie à l’Afghanistan, la plupart des conflits contemporains, qui mettent aux prises des organisations d’insurgés et des États, reposent sur une stratégie du faible au fort. Le faible évite l’épreuve de force car il n’a pas les moyens de la mener. De ce fait, il use des techniques de la guerre psychologique (attentat, embuscade…) pour harceler le fort. Du coup, le fort se retrouve face des ennemis qui se dérobent au combat et doit s’appuyer sur d’autres moyens pour l’atteindre, comme le renseignement. La connaissance de l’ennemi est ainsi redevenue un enjeu majeur dans les guerres actuelles, et les progrès de la technologie y contribuent grandement, grâce notamment aux drones et aux satellites. Mais la technologie n’est qu’un préalable à la contre-insurrection, qui consiste à isoler les populations locales des insurgés, afin de les désorganiser. Théorisée par le colonel français David Galula (1919-1968) à l’époque de la décolonisation, cette stratégie a été remise au goût du jour par les généraux américains Petraeus et McCrystal en Irak et en Afghanistan (4).
Comme le note Gérard Chaliand (5), l’un des principaux théoriciens actuels de la stratégie, le « nouvel art de la guerre » oblige les forts comme les faibles à redécouvrir, une fois de plus, les leçons des Anciens, notamment celles du Chinois Sun Tzu : « À la guerre, le nombre n’est pas un facteur décisif et les hauts faits d’armes peuvent s’avérer néfastes. Pour le reste, il suffit de savoir concentrer ses forces, évaluer l’adversaire et se gagner le cœur des hommes. Mais qui ne réfléchit pas et méprise l’ennemi sera vaincu (6). » Les formes de la guerre changent, les techniques évoluent, mais l’esprit demeure : aujourd’hui comme hier, l’art de la guerre se fonde sur la faculté du stratège à rester humble et à prendre l’ennemi au sérieux pour gagner la bataille de l’intelligence.

NOTES
(1) Voir Kautylia, Traité du politique. Arthasastra, Pocket, 2000, et anonyme, Le Livre des ruses, trad. fr. René Khawam, Phébus, 2002.
(2) Frontin, Les Stratagèmes, éd. Pierre Laederich, Economica, 1999.
(3) Raymond Aron, Penser la guerre, Clausewitz, 1976, rééd. Gallimard, coll. « Tel », 2009.
(4) David Galula, Contre-insurrection. Théorie et pratique, 1963, rééd. Economica, 2008.
(5) Gérard Chaliand, Le Nouvel Art de la guerre, L’Archipel, 2008.
(6) Sun Tzu, L’Art de la guerre, éd. Jean Lévi, Hachette, 2000.

MOT-CLÉ
Stratégie - Tactique
Au XVIIIe siècle, l’art de la guerre se complexifie et se structure autour de deux concepts clés : la tactique et la stratégie. La tactique désigne la conduite du combat tandis que la stratégie porte sur la conduite générale des opérations. Les choix tactiques dépendent donc d’une stratégie d’ensemble, qui elle-même est subordonnée à l’autorité politique.
Jean-Vincent Holeindre
Doctorant au centre Raymond-Aron (EHESS) où il anime le séminaire « Penser la guerre », chargé de cours à l’IEP-Paris et au Collège interarmées de défense, il a dirigé, avec Frédéric Ramel, La Fin des guerres majeures ?, Économica, 2010.
À LIRE AUSSI
Les penseurs de la guerre
Les épreuves de la vie, Mensuel n°216, juin 2010

Patrice Padilla 01/03/2016 21:02

La transformation de la guerre

Martin Van Creveld,Editions du Rocher, 1998, 318 p., 165 F. Jean-Claude Ruano-Borbalan
Mis à jour le 15/06/2011

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Mensuel N° 87 - Octobre 1998
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Le monde de l'après guerre froide est incertain. En conséquence, on assiste depuis quelques années à des débats intenses sur la nature des menaces potentielles contre les Etats occidentaux et sur les stratégies militaires à adopter. De nombreux ouvrages ou numéros spéciaux paraissent et le rythme ne se relâche pas. Trois voies d'interprétation principales de l'organisation ou de la désorganisation du monde se sont dégagées depuis dix ans. Une première tendance estime que la constitution d'un monde politiquement unifié est en cours, tant par l'effet de la mondialisation que par la généralisation des aspirations démocratiques. Une deuxième approche estime que, du point de vue de la puissance militaire, le monde se polarisera en quelques ensembles régionaux dans lesquels le Japon, la Chine ou la Russie joueront un rôle capital. Une troisième tendance prévoit la généralisation des guerres civiles, ethniques, religieuses ou nationales, en même temps qu'une décomposition interne des Etats sous l'effet du terrorisme ou de dérives mafieuses. Peu d'analystes défendent exclusivement l'un de ces trois points de vue.
C'est cependant le cas de l'historien Martin Van Creveld, professeur à l'université de Jérusalem, qui soutient depuis le début des années 90 la thèse de la généralisation des guerres civiles, actes terroristes et autres conflits dits « de basse intensité ». Ses travaux, reconnus internationalement, ont initié un vaste courant de réflexion. Dans La Transformation de la guerre, l'auteur s'oppose à la pensée stratégique dominante, issue de la pensée que Carl von Clausewitz a formulée au début du xixe siècle. M. Van Creveld rappelle que, pour ce dernier, la guerre serait une violence organisée, engagée par l'Etat, pour l'Etat et contre un autre Etat. De plus, pour le général prussien, la guerre devait engager la totalité des forces des adversaires. M. Van Creveld estime que cette doctrine a eu des conséquences considérables. En effet, les armées au service strict de l'Etat-nation souverain ne cessèrent en Europe de gonfler, au nom de l'efficacité et de l'intérêt politique. Cette conception, reprise par les stratèges et par les hommes politiques, a abouti aux paroxysmes de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Elle a généré la forme et les objectifs des forces armées contemporaines : primat des intérêts politiques de l'Etat (intégrité territoriale et souveraineté) ; volonté de séparation des civils et des militaires ; engagement total lors d'un conflit. Prenant les exemples du Viêt-nam pour les Etats-Unis, de l'Afghanistan pour la Russie, du Liban pour Israël ou de l'Algérie pour la France, M. Van Creveld montre que les armées fondées sur ces principes ne sont pas adaptées à d'autres formes de combat que celles définies dans le cadre étatique européen puis mondial qui s'est généralisé du xviiie au xxe siècle. Son argument est que cette forme de guerre entre armées n'est pas « la » guerre, mais bien une forme historiquement minoritaire de conflit : en effet, même en Europe à l'apogée des guerres étatiques, la guerre ne se définissait pas par la poursuite de buts politiques, ni par l'engagement total des forces de la communauté, ni par l'existence de forces armées séparées du corps social dans son ensemble.
M. Van Creveld montre que la guerre fut et reste une activité sociale aux motifs multiples : faire respecter le droit ; venger l'honneur du prince, accaparer des esclaves, des biens et des femmes, et, last but not least, défendre ou propager la vraie foi.
Il souligne que jamais la guerre ne fut l'engagement de toutes les forces avant les guerres révolutionnaires et napoléoniennes. De l'Antiquité au xviiie siècle, elle ne mobilisait qu'une fraction peu importante des ressources des sociétés. Bien que les annales de leurs batailles emplissent les livres d'histoire, les armées étaient numériquement faibles et relativement peu organisées. Les seigneurs guerriers du Moyen Age ne parvenaient à mobiliser que des armées minuscules. Même l'armée romaine à sa plus grande extension (600 000 hommes, dont une fraction essentielle de contingents mercenaires) ne réunissait que moins de 1 % de la population de l'empire.
En outre, M. Van Creveld note que, dans de nombreuses sociétés, aucune distinction n'existait entre les sociétés civile et militaire : c'était le cas des cités grecques ou de la République romaine, où les catégories « guerrier », « homme jeune et libre » et « citoyen » étaient à peu près équivalentes.
Au total, la question fondamentale pour l'auteur est celle de l'essence de la guerre : penser, après C. von Clausewitz, qu'elle a comme fondement l'intérêt politique des Etats, c'est pour M. Van Creveld se tromper lourdement : nul n'irait mourir pour des intérêts calculés et froids. L'origine comme l'essence de la guerre demeurent le combat entre hommes, et son caractère unique réside précisément « dans le fait qu'elle a toujours été et demeure encore la seule activité créatrice qui non seulement permet, mais exige l'engagement total de toutes les facultés humaines contre un adversaire aussi fort que soi-même. Ce qui explique pourquoi, tout au long de l'histoire, elle a souvent été considérée comme le test ultime de la valeur d'un individu. »
M. Van Creveld estime possible que la guerre étatique cesse en raison de son inadaptation aux nouvelles menaces. En revanche, la guerre conçue comme une manière de défier la mort pour les individus ou comme une possibilité de dire le droit pour les communautés n'a aucune raison de disparaître. Selon lui, les guerres terroristes, mafieuses, subétatiques vont devenir la forme normale du conflit violent. Cette conclusion semble excessive, quoique de nombreux analystes soulignent ces dernières années l'importance à venir des guerres civiles, des actes de terrorisme, des massacres ethniques ou religieux. On en trouve la confirmation dans le remarquable recueil d'articles, Guerres et conflits dans l'après guerre froide, que Dario Batistella vient de publier. Ce dernier porte pourtant dans son introduction une critique importante à la thèse de M. Van Creveld : « Comment ne pas voir, demande-t-il, que de nombreuses motivations ethniques ou religieuses constituent en fait des oripeaux pour des stratégies éminemment politiques ? »
Une autre objection peut être formulée. S'il est vrai que la thèse proposée par M. Van Creveld montre l'inadaptation des forces militaires à de nombreuses formes de conflictualité contemporaines (un missile ne sert à rien contre une entreprise mafieuse liée à la drogue), pourquoi en déduire que les Etats seront inexorablement soumis au chaos ? Obnubilé par les questions militaires, l'auteur sous-estime l'existence d'autres mécanismes sociaux et politiques de réduction de la violence interne des sociétés : les institutions et les cultures démocratiques, un système de normes morales et juridiques, des mécanismes de régulation sociale de l'Etat providence. Il néglige la force interne de l'Etat-nation et du système international qui en est issu. La plupart des analystes ne le suivent pas dans cette voie. Dans son essai intitulé La Guerre parfaite, Thérèse Delpech, expert reconnu des problèmes de défense et de stratégie, résume le point de vue majoritaire : les conflits de basse intensité vont se développer, sans pour autant remettre en cause les fondements de l'ordre international. Elle estime qu'à moyen terme plusieurs risques seraient à envisager. Du point de vue géopolitique classique, le Moyen-Orient et la Russie constituent des zones d'explosion possible tandis que la Chine montrerait des signes d'impérialisme inquiétants. Elle souligne cependant les possibilités nouvelles offertes aux conflits de basse intensité. La grande nouveauté résiderait, selon elle, dans la possibilité de stratégies « terroristes » visant les systèmes de communication et les réseaux des principaux pays occidentaux. Ces stratégies proviendraient autant de certains Etats que d'organisations transnationales (sectes, mafias, etc.).
Force est de constater que l'étude de la guerre est en pleine réévaluation et que les sciences humaines (histoire, anthropologie, sociologie, etc.) sont invoquées, de plus en plus souvent, pour comprendre cette terrible « activité sociale ». Derrière tous ces débats sur la permanence des conflits interétatiques, sur la généralisation ou non des conflits de basse intensité, se cachent de très forts enjeux politiques et économiques. Ces enjeux portent en premier lieu sur la réduction des forces armées, sur leur composition et sur la doctrine de leur emploi.
Martin Van Creveld
Historien militaire de renommée mondiale, Martin Van Creveld est professeur à l'université hébraïque de Jérusalem.

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